Un Noël responsable

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Un Noël responsable

Je me suis demandé comment faire des choix responsables à tous les niveaux pour Noël (où pour une autre fête) sans faire disparaître la magie. Chacun à sa propre vision d’un Noël magique. Pour certains, ça se passe à la messe de minuit, lors des chants magnifiques (ça me fait pleurer chaque fois). Pour d’autres, ce sont les repas copieux, les bons vins, les soirées passées sous le sapin près du foyer. C’est agréable de rendre cette fête, ou plutôt la période des fêtes, romantique.

Pour ma part, la magie de Noël se vit lorsqu’un arbre embaume la maison décorée de lumières et d’objets accumulés au fils des ans. La magie se vit aussi par la musique que je mets sans cesse durant la période des fêtes. Chaque soir devient pour moi un moment magique avec mon fils.

Le reste de l’année, ma maison est simplement décorée de cadres et de fleurs, mais à Noël, je laisse cette célébration m’envahir complètement.

Lorsque vous venez chez moi durant le mois de décembre, vous verrez que ma famille est en production chaque soir. Récolte de branches pour le centre de table et les pots de fleurs, production de sablés, de chocolats, de cartes, calendrier de l’avent, décorations, pâtés, granolas maison, paniers bien remplis à offrir à tous les membres de la famille…

Emballer chaque cadeau de façon unique, c’est magique pour moi. Lorsque je mets de l’effort et de l’amour dans un présent ou lorsque celui-ci est bien réfléchi, je suis très heureuse de voir l’autre personne le déballer. Je me trompe parfois et je n’ai pas toujours le temps de trouver la perle rare, mais lorsque j’ai l’impression d’ouvrir mon portefeuille juste pour me débarrasser d’une tâche, je ne suis jamais très heureuse, donc je ne le fais plus depuis quelques années.

Le plus difficile est souvent la préparation, le temps… Bonne chance si vous voulez acheter le cadeau parfait à tout le monde! Depuis plusieurs années (et je remercie Lucie et Colin), j’offre des paniers-surprises. Vous connaissez tous ma passion pour la cuisine, alors j’en profite pour partager avec ceux que j’aime des cadeaux gourmands que j’ai préparés. Ça tombe bien parce que mon chum partage aussi ma passion. Dans mes paniers, il y a toujours une magnifique carte faite par mon fils. Puis il y a de petits à côté, ceux qui sont directement liés à la personne, ceux qui sont réfléchis. Je me laisse le choix d’en mettre ou pas (je n’achète pas simplement pour acheter).

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Mais tout ça, est-ce responsable?

À mon humble avis, oui. Mais est-ce que c’est assez? Probablement pas.

Cette année comme pour les années à venir, compte tenu de ma collaboration avec Équiterre et mon souci de l’environnement, j’ai décidé d’en faire un peu plus. J’espère que cela vous donnera des idées.

Pour accompagner mes cadeaux gourmands :

  1. Si j’ai quelque chose à acheter pour gâter, par exemple, ma maman ou mes belles-sœurs, j’achèterai local. Ce qui signifie que j’irai à la Souk, au Salon des métiers d’arts, chez un potier de Montréal, chez un joaillier de Montréal, etc.
  2. Offrir un service à chacun et l’ajouter sous forme de coupon dans les cartes de Noël d’Oscar (garder des enfants, des chiens ou des chats, aider quelqu’un à déménager, peinturer, rentrer une corde de bois, pelleter lors des vacances, s’occuper des plantes ou rendre d’autres services du genre).
  3. Si je n’ai rien trouvé de local et que je veux tout de même offrir quelque chose, je vais me tourner vers le virtuel (livre électronique, musique achetée sur le site d’Archambault ou d’un autre magasin virtuel).
  4. Encourager le milieu culturel en achetant des billets de spectacle, de théâtre ou de musée.

Pour les décorations :

  1. Créer des décorations compostables faites de mes mains ou faire le tour des greniers et des granges des gens qui m’entourent afin de trouver de vieux objets qui pourraient m’aider à faire une décoration magique (vieux skis de fond de bois, raquettes en peau de mon grand oncle, etc.).
  2. Ne pas acheter du neuf (me débrouiller avec ce que j’ai). Je possède déjà des décorations et des lumières inutilisées. L’idée est de ne pas les laisser dans le grenier à mon tour ou les jeter pour montrer à tous que j’ai fait un virage 100 % responsable.

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Pour la nourriture :

  1. Je fais un effort toute l’année pour manger un maximum d’aliments locaux. Et cela ne change pas durant le temps des fêtes. Je prépare tout de A à Z, en tout temps (bouillon, céréales, gâteaux, vinaigrette, lunch, etc.). Je composte également les aliments que je peux.
  2. Les festins sont formidables, mais si le quart de la nourriture se retrouve à la poubelle à la fin de la réception, on perd pas mal l’idée d’être responsable. Faites-en moins si vous le pouvez ou assurez-vous que tout le monde apporte un plat vide de la maison pour rapporter les restes.

La muscade par Ethné de Vienne

Le métier de chasseurs d’épices, celui de marchands plus encore, nous amène souvent à devoir décrire, défendre et, dans certains cas, expliquer comment utiliser une épice ou une autre. La question de la muscade en est une qui revient souvent : est-il préférable d’utiliser la noix entière, fraîchement râpée, ou encore la muscade préalablement moulue? Une question qui, je l’avoue, m’étonne encore chaque fois.

C’est peut-être parce que, ayant grandi dans une île des Caraïbes où les épices sont à l’honneur, le choix (dans ma tête du moins!) n’existe tout simplement pas. Ça me rappelle d’ailleurs la soirée où j’ai préparé, pour la première fois, mon fameux rhum punch pour des amis. J’avais demandé, en toute innocence, si quelqu’un avait de la muscade, ce à quoi on avait répondu par l’affirmative. Je m’étais donc lancée dans la préparation du cocktail qui, j’en étais sure, me promettait une belle carrière de serveuse de drinks (c’était les années 70, après tout).

Tous les ingrédients étaient réunis sur la table et, prévoyant le tout dernier moment où il faudrait ajouter la muscade, j’avais demandé la noix en question et une râpe. À ma grande surprise, on m’apporta un contenant de verre, pourvu d’un couvercle en plastique perforé, plein d’une poudre brunâtre. L’incrédulité se lisait sans doute sur mon visage, et mon amie s’est empressée de me dire que je n’avais qu’à ouvrir le pot et à sentir, pour en avoir le cœur net. Curieuse de savoir ce qui pouvait constituer cette poudre mystérieuse, j’ai porté le petit pot à mon nez, à plusieurs reprises, essayant tant bien que mal de reconnaître cette odeur de fond de tiroir légèrement camphrée.

On m’assura alors qu’il s’agissait bel et bien de muscade, «déjà moulue, merci beaucoup!» J’ai accusé le coup, avant d’invoquer l’autorité de mes origines antillaises en termes de muscade. J’étais, après tout, la mieux placée pour expliquer à tous ces nord-américains non seulement ce que devait goûter et sentir la muscade, mais aussi l’allure que cette épice devait avoir. Et je ne vous parle même pas du macis, qui vient de la même plante!

 

Muscade

La noix de muscade a été introduite aux Antilles, après avoir fait un long voyage depuis les îles Banda, dans l’archipel des Moluques, en Indonésie. Son utilisation s’est, au fil du temps, étendue à travers la planète : du haggis écossais à la farce des tortellinis italiens, en passant par l’emblématique tarte à la citrouille américaine, sans oublier certains garam masalas indiens qui, sans elle, n’auraient pas le parfum riche qu’on leur connaît.

Dois-je poursuivre mon plaidoyer en faveur de l’utilisation de la muscade fraîchement râpée – celle-là même qui a donné à Grenade le surnom bien mérité de «l’île aux épices»? J’ai beau être au Québec depuis plus de trente ans, j’ai beau avoir appris à mettre de l’eau dans mon rhum (!), j’ai toujours du mal à comprendre que les épices puissent être moulues longtemps d’avance et mal conservées, si pratiques ces poudres soient-elles.

Suis-je véritablement la bonne personne pour expliquer que n’importe quelle épices, si généreusement pré-moulue pour nous, sans égard à la façon dont elles sont emballées, sans information sur le moment ou la méthode de mouture, peuvent faire l’objet de nombreuses suspicions?

Notre mantra, puisque c’est celui que je partage avec la famille des Épices de cru®, en ce qui concerne les épices et leur utilisation, est le même depuis des années. Pour bénéficier des vertus des épices issues des meilleurs terroirs, celles-ci doivent être sélectionnées avec grand soin, achetées avec un souci d’équité et le plus grand respect envers celui qui les cueille ou les cultive. Elles doivent également être emballées convenablement, avec conscience écologique, et moulues à la toute dernière minute. Si, pour une raison ou une autre, vous achetez des épices moulues, assurez-vous de leur origine, de l’intégrité de ceux qui les ont préparées et surtout, de leur composition.

Je suis peut-être une bonne avocate pour la muscade entière, et pour les autres épices par extension, finalement. Je crois fermement que nous pouvons tous profiter des bienfaits des épices entières, issues de commerce responsable, tant au niveau gastronomique qu’en terme de santé. Il ne reste qu’un seul effort à faire, celui de moudre ses épices, et alors seulement vient la juste récompense : un verre de rhum punch parfumé de muscade fraîchement râpée.

Ethné de Vienne
Épices de cru
www.épicesdecru.com

 Recettes avec la muscade :

Soufflé à la courge et à l’estragon
Poulet soudanais de Georges
Risotto aux noisettes, sauge et Taleggio
Beignes à la ricotta et aux épices
Ravioli à la courge, sauge et ricotta
Tarte rustique valdôtaine