Voyage en Argentine

Cordilière des Andes

Argentine… côté bouffe

J’ai eu le privilège de visiter l’Argentine pendant deux semaines vers la fin de septembre. On m’avait avertie que j’allais en manger de la viande… eh bien, personne ne s’était trompé! Je suis une carnivore assumée, alors pas de problème! Si la viande est centrale en Argentine, il y a aussi plein d’autres petites découvertes culinaires à faire, comme le vin, l’huile d’olive et, bien sûr, le dulche de leche.

Ceux qui, par hasard, hésiteraient à choisir ce pays comme prochaine destination, cessez cet égarement et courez vite acheter votre billet d’avion!

Vins et huiles d’olive sur fond de montages

Mendoza

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La première des deux régions vinicoles que j’ai visitées en Argentine était Mendoza. La ville elle-même n’a pas vraiment d’attraits particuliers, mais sa campagne environnante est un petit paradis du vin. La région est réputée pour son Malbec, un vin tannique et coloré dont les vignes ont été introduites en Argentine en 1868. Pour le découvrir, notre chauffeur/guide, Javier Caruso, nous a emmenés dans la Vallée de Uco située à environ 45 minutes de Mendoza, au pied des Andes. Au programme, trois bodegas hors des circuits touristiques (Pulenta Estate, Atamisque et Andeluna) pour un lunch-dégustation. Les trois lieux étaient à couper le souffle, avec comme toile de fond les vignes, les monts enneigés et, bien sûr, d’excellents vins.

Pulenta Estate est une petite entreprise familiale établie dans un bâtiment à l’architecture minimaliste et qui produit des vins de grande qualité en quantité limitée. En fait, la famille Pulenta est à l’origine du Trapiche, probablement le vin argentin le plus connu et répandu. Après avoir vendu l’entreprise, une partie de la famille s’est investie dans Pulenta Estate, un retour aux sources dit-elle. On a préféré et acheté le Gran Cabernet Franc de Pulenta (maintenant offert à la SAQ), un vin audacieux aux arômes de piments verts, qui nous donnait envie d’un bon steak… même à 10 h du matin.

La seconde visite, au vignoble Atamisque, était la plus intéressante. Atamisque, le nom d’un bosquet de cette région aride de l’Argentine, appartient à M. John du Monceau, PDG du groupe Accord (les hôtels). Celui-ci a récemment été envoûté par la région et y a donc élu domicile. Non seulement les lieux sont magnifiques, notamment en raison des murs de pierre qui se fondent dans le paysage, mais c’est aussi à ce vignoble qu’on a pu apprécier le meilleur Malbec. Le Catalpa Malbec aux arômes de framboise nous a complètement séduits. Il provient de vignes de première qualité ayant au moins 80 ans et cultivées en altitude. La visite elle-même était aussi très intéressante puisqu’on a eu la chance de déguster du vin provenant directement du baril et de le comparer à celui vieilli quelques mois de plus.

Finalement, on a fait un long arrêt à Andeluna pour participer à un lunch-dégustation. Vues imprenables et haute gastronomie étaient au rendez-vous, mais je mentirais si je vous disais que j’ai retenu quoi que ce soit sur le vin (6 verres). À ce point, ma tête était ailleurs, disons… Je me rappelle cependant avoir grandement apprécié leur vin de dessert, qui me rappelait le muscat, sans être aussi sucré.

 

Maipù

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La deuxième journée a été consacrée à Maipù, située à environ 25 minutes de Mendoza. Cette fois, on a loué des vélos au fameux M. Hugo pour se promener dans la campagne. On croyait être assez vaillants pour poursuivre les dégustations de vins, mais après deux verres de rosé à la table de la Bodega Mevi, on s’est vite rendu compte qu’on tomberait au combat. On s’est donc rabattus sur l’une des nombreuses maisons d’huiles d’olive (Santa Augusta) pour faire une dégustation très sympathique. Les Argentins raffolent d’huiles d’olive et les oliviers font partie intégrante du paysage. Je n’aurais jamais cru qu’il pouvait y avoir autant de différence entre les huiles, qu’il s’agisse de la texture, du goût ou de la couleur. On a choisi d’acheter une huile presque crémeuse, qui s’apparente à du beurre en bouche. Peut-être que Nana Marmelade en fera une délicieuse recette de gâteau à l’huile d’olive?

Avec toutes ces excursions, on a peu profité de Mendoza, mais on a quand même eu un coup de cœur pour le restaurant Anna Bistrot. Le lieu est tout à fait charmant, avec un menu exquis qui vacille entre la cuisine française et argentine. On a particulièrement apprécié l’assiette de charcuteries fumées, le steak tendre à souhait et les pâtes fraîches.

 

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La région de Cafayate, située dans le Nord-Ouest argentin, est connue pour ses Torrontes, un cépage presque exclusivement cultivé en Argentine. On y arrive après avoir emprunté la route époustouflante qui la sépare de la ville de Salta, plus au nord. On ne s’y attendait pas, mais il a fallu conduire pendant deux heures dans des canyons d’un rouge magnifique sous un ciel bleu éclatant. Ici, on retrouve moins de vignobles qu’à Mendoza, et il s’agit souvent de petites entreprises familiales qui distribuent peu leurs produits en dehors de l’Argentine, voire de la région.

Affamés à notre arrivée dans la petite ville de Cafayate, on s’est précipités à la Bodega Nanni où on a pu s’attabler dans la petite cour intérieure pour manger et boire un merveilleux Torrontes fruité, mais sec, très différent du Etchart qu’on connaît bien à Montréal.

Après une petite siesta, on a fait deux autres dégustations. La première était au Vasija Secreta, où on a été très déçus. Rien n’y valait le détour. On a donc terminé notre journée à la Bodega El Estanco, une immense propriété qui comprend un magnifique hôtel de style espagnol. C’est là qu’on retrouve la gamme Don David, aussi offerte à la SAQ. On a apprécié leur Torrontes, mais c’est leur Syrah qui nous a charmés le plus.

La viande

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Comment parler de l’Argentine sans parler de viande? De ce côté-là, c’est toute une expérience, personne ne s’en sort… et croyez-moi, je ne m’en suis pas plainte.

À l’origine, les bœufs ont été importés en Argentine par les Européens, qui ont vu dans les terres luxuriantes de la Pampa un paradis pour l’élevage, avec ses prés verdoyants et peu de prédateurs. Aujourd’hui, l’élevage traditionnel et les gauchos (sorte de cowboy argentin) sont moins courants, mais le bœuf, lui, demeure l’un des meilleurs et constitue une fierté pour le peuple.

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On trouve des steaks dans pratiquement tous les restaurants, mais c’est dans les parillas (steak house) qu’on s’en donne à cœur joie. Au début, le tout peut être troublant puisqu’on retrouve souvent plus de 10 coupes de steak sur le menu. Quoi choisir? Le bife de chorizo, une surlonge épaisse et juteuse? Le bife de lomo, une longe de bœuf tendre à souhait? Les tira de asado, des côtes levées minces et croustillantes? Chaque fois, le choix était difficile.

 

Notre steak house favori a été le Parilla La Vitrina, à Puerto Iguazu. La viande était cuite sur un asado (barbecue) extérieur et servie à la plancha. Le tout était accompagné de légumes grillés et de frites paysannes (ail, oignons, coriandre et gros sel). Nous avons opté pour le bife de chorizo pour son goût exquis, et des côtes levées, la spécialité de la maison, le tout pour un prix dérisoire. Si vous aimez votre viande saignante comme moi, n’oubliez pas de le préciser, car les Argentins la mangent bien cuite!

À Buenos Aires, les parillas ne manquent pas, mais attendez-vous à des prix plus élevés qu’en province. Parmi les recommandations, nous avons choisi le restaurant Don Julio. La viande y était exceptionnelle et le vin aussi, mais vous mangerez entouré d’Américains, de Québécois (oui, oui) et de Français. On repassera pour l’immersion!

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Et il n’y pas que les steaks! Un autre coup de cœur a été les empanadas. Une pâte remplie de viande (hachée ou coupée au couteau), de piments et de petits morceaux de fromage. Un délice! Selon les régions, ils sont cuits au four ou frits. Les empanadas frits tendent à conserver davantage le jus de la viande, mais à mon avis, ceux cuits au four sont les meilleurs parce qu’ils sont moins gras et qu’ils permettent de savourer davantage la viande. Les Argentins les commandent en entrée, pour l’apéro ou comme collation, généralement par douzaine. Pour notre part, et malgré les regards d’incompréhension, nous nous en sommes tenus à trois ou quatre par jour.

Alors, vous l’achetez ce billet d’avion?

LES PROPOSITIONS DE NANA :

Recette pour vous inspirez : Steak argentin et chimichurri

Restaurant argentin montréalais à essayer : Lavanderia

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